L’humain doit être la priorité

lhumain1« Nous ne voulons plus vivre notre bonheur personnel au milieu d’un océan de malheur. » (Jean-Luc Mélenchon, Le Mans, le 11/01/2017).

Le monde que nous propose le système politique et financier en place depuis plus de 30 ans ne nous convient plus. Voilà ce que montrent les dernières élections et consultations démocratiques, un peu partout dans le monde et en Europe en particulier. Nous ne voulons plus que l’individualisme et la compétition constituent les valeurs dominantes de notre société. Nous voulons que cette société retrouve le chemin du progrès et qu’elle améliore nos conditions de vie. Et c’est possible !

Quand les représentants des grands patrons, les économistes néolibéraux qui squattent chaque jour les médias, les « journalistes économiques » et autres présentateurs de journaux télévisés ne cessent de nous rebattre les oreilles de leurs arguments, à savoir que les marges des entreprises ne sont pas assez élevées, que les dividendes versés ne sont pas encore assez importants et sont trop taxés, la réalité des chiffres, elle, nous montre qu’au cours des 30 dernières années, le taux de marge des entreprises a évolué entre 30% et 32% (hormis entre 2009 et 2013, suite à la crise des subprimes, où cette marge a baissé à environ 28,5%, mais toujours plus haut que la moyenne des trente glorieuses où elle était de 28%). La part des dividendes versés aux actionnaires n’a quant à elle cessé d’augmenter jusqu’à atteindre 85% des bénéfices, contre 30% au milieu des années 80. Et, pendant ce temps-là, les revenus ont stagné et même baissé pour les 20% des Français les plus pauvres.

Dans ce rapport de l’ONG Oxfam (voir lien internet), il est précisé que les 8 personnes les plus riches du monde (en monnaie) possèdent autant de richesse, de patrimoine, que la moitié la plus démunie de la planète. Aujourd’hui, dans le monde, 1% de la population concentre la moitié du patrimoine (de la richesse) mondial, donc autant que les 99% restant de la population mondiale ! Les 10% les plus riches possèdent près de 90% de la richesse mondiale.

Alors, tout ça n’est que statistique, certes… Mais la réalité de la rue, comme l’a évoqué récemment le journal La Croix (voir mon article sur l’Appel des Solidarités), nous rappelle chaque jour que les chiffres ne sont pas uniquement des données théoriques. On pourrait se dire aussi que cela ne concerne que les pays pauvres où des dictateurs s’approprient toutes les richesses aux dépens de leurs peuples… Aux USA (1ère démocratie du monde ?), 1% possèdent 40% de la richesse, alors que 50% se partagent 1% de cette richesse. Cela expliquerait-il pourquoi il y a autant de sans-abri dans ce pays ?…

En France, les chiffres ne sont pas encore aussi « dramatiques » : 1% possèdent environ 15% de la richesse du pays et les 10% les plus riches possèdent environ la moitié de cette richesse, alors que les 50% des Français les moins riches se partagent 7% de celle-ci.
Mais ce que l’on constate depuis des années, c’est que tous ces écarts, toutes ces inégalités se creusent, et de plus en plus vite. Une seule année en France, depuis le début de cette décennie, a vu les inégalités reculer très légèrement… c’était en 2013, après l’application des seules vraies mesures de redistribution de la richesse de ce quinquennat.

  • Est-ce ce monde-là que nous voulons faire perdurer ou bien voulons-nous, cette fois, réellement changer ce modèle ?
  • Et vers quel modèle voulons-nous aller ?

Voilà les 2 questions principales auxquelles les hommes et les femmes qui le peuvent doivent répondre aujourd’hui, lorsqu’ils sont appelés à voter dans les pays démocratiques.

Raphaël Glücksmann, pourtant membre du Cercle de l’Oratoire (cercle de réflexion réputé néoconservateur) écrivait dans l’Obs du 12 janvier un édito qui me semble décrire la réalité de toutes ces statistiques : « Peut-on parler de modèle social quand cohabitent 2 800 000 logements vides et 140 000 sans-abri ? … Ce sont toujours les ombres que nous expulsons hors de notre champ de vision qui disent le mieux ce que nous sommes. Dans nos rues et sur nos places, relégués dans de sinistres bidonvilles ou squattant des cabines téléphoniques hors d’âge, des milliers de miroirs nous renvoient une image si laide de nous-mêmes que nous refusons de les voir»… « L’une des explications les plus simples et pourtant les plus justes des déboires actuels de nos démocraties libérales est à chercher dans la colonisation de l’esprit public par l’individualisme privé, un effacement des principes civiques qui conduit à l’atomisation sociale, à la mise à distance de l’autre, à la peur de ce qui n’est pas soi, à l’érection de murs et donc, à la dislocation de l’espace républicain. »


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