Inégalités et politique : La politique « Low Cost » et la pauvreté

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Comme nous l’avons vu dans les articles précédents (« L’humain doit être la priorité » en avril et « Lien entre politique et inégalités » en mai), les inégalités en termes de revenus et de patrimoine ne cessent de se creuser, en France, en Europe et partout dans le monde.

Aujourd’hui, à peine une cinquantaine de milliardaires dans le monde possèdent 50% de la richesse mondiale, c’est-à-dire autant que tout le reste du monde réuni, soit 7 milliards de terriens.

Ce phénomène ne cesse donc de s’accentuer et les inégalités entre les « très riches » et les « très pauvres » ne cesseront pas d’augmenter dans nos pays dits développés, tant que les politiques néo-libérales à l’œuvre depuis une trentaine d’années ne connaîtront pas un coup d’arrêt.

De nombreuses documentations disponibles sur ce sujet, dont le célèbre « best-seller » de Thomas Piketty (Le capital au XXIe siècle), ont montré les conséquences directes de l’application de ces politiques : forte augmentation des revenus du capital (dividendes, stock-options…), stagnation voire régression des revenus du travail, diminution voire disparition des services publiques, privatisation de l’assurance-santé, de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui ne font qu’accroître les inégalités, la précarité, la pauvreté.

En France, depuis les années 80, soit en l’espace d’une trentaine d’années, ce transfert de richesses du Travail vers le Capital représente environ 10% de la richesse produite (le PIB), soit une somme d’environ 200 milliards d’euros chaque année qui, au lieu de revenir dans le circuit économique par la consommation des ménages, va alimenter le circuit de la finance mondialisée et les fonds spéculatifs, souvent placés dans des paradis fiscaux et largement déconnectés de l’économie réelle et des investissements des entreprises. Aujourd’hui, 700 000 milliards de dollars sont placés dans des produits financiers dérivés, représentant plus de 10 fois le PIB mondial, une situation complètement absurde et très dangereuse pour l’économie mondiale.

Un rapport de l’Insee a par ailleurs montré récemment (fin mai) que, pour la première fois depuis des décennies, la période 2004-2014 avait vu le revenu des 10% des français les plus pauvres diminuer en même temps que les 10% les plus riches voyaient le leur fortement augmenter. Cette décennie a vu le nombre de gens vivant sous le seuil de pauvreté augmenter de 1,2 millions en France : Ce sont des faits ! (« Observatoire des inégalités« ).

Les hommes et femmes politiques en place depuis 10 ans, y compris ceux ralliant aujourd’hui E. Macron, peuvent faire toute la communication qu’ils veulent, sortir leurs plus beaux discours sur les bienfaits de la libéralisation, les faits sont là et les faits sont têtus : cette politique installe de la précarité et de la pauvreté au sein d’une proportion de plus en plus grande de la population. Et elle constitue aujourd’hui le plus grand risque pouvant conduire à un désordre social majeur.

La politique libérale et la politique de l’offre, que j’appelle « politique du Low Cost », consiste à produire n’importe quel bien ou service au coût le plus bas possible, afin d’être le plus concurrentiel possible, le plus « rentable » possible, quitte à créer un système de concurrence déloyale par de la déflation sociale ou environnementale : faire parcourir des milliers de kilomètres à des marchandises pour aller les transformer dans des pays à très faibles coûts de main d’œuvre et dans lesquels la réglementation pour la protection de l’environnement est inexistante, mais aussi, là où les accords sur la fiscalité (rescrits fiscaux) permettent de payer 0 impôt à une entreprise qui s’installe (Irlande, Luxembourg…).

Ces politiques ont été mises en œuvre dans les pays anglo-saxons depuis les années 80 (dans les années 90 en Allemagne sous Gerhard Schröder avec les « fameuses » lois Hartz : créations d’emplois précaires mal payés (400 €/mois), raccourcissement des durées d’indemnisation du chômage pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, augmentation de la durée du travail et report de l’âge de départ à la retraite… Voilà exactement ce que l’on retrouve aujourd’hui dans le projet de M. Macron et sa future loi Travail bis.

Et alors que 80% de la population était contre la Loi El Khomri, aujourd’hui les français s’apprêteraient à plébisciter cette politique en donnant les pleins pouvoirs à M. Macron ?? Non, ce n’est pas possible. Nous pouvons encore sortir de cette impasse sociale : une autre politique est possible.

Résultats : en Allemagne par exemple, en 2013, on comptait 12,5 Millions de gens vivant sous le seuil de pauvreté (9 Millions en France). En Angleterre, c’était plus de 16,5% de la population en 2013, taux aggravé encore aujourd’hui par plus d’un million de contrats « zéro heure » créés par David Cameron.

Pour s’opposer à la poursuite de cette dérive libérale et à la casse du code du travail, la seule voie possible qui permettra de sortir de cette situation par le haut, c’est la voie de La France insoumise et de « l’Avenir en commun ».

La politique libérale est en train de détruire notre modèle social français, celui-là même qui nous a permis de résister à tant de crises. Et tout ça pour le bénéfice de quelques-uns.

Voulons-nous vraiment aujourd’hui casser ce modèle et suivre le modèle libéral anglo-saxon ou bien voulons-nous faire le choix de la sauvegarde de notre modèle français, en l’amenant vers plus de justice sociale et fiscale, vers plus de démocratie et vers un monde respectueux de son environnement ?

Voilà la seule question qui se pose aujourd’hui dans cette élection législative : la grande coalition libérale ou La France insoumise.

Un vote peut tout changer, cela ne dépend que de vous.


Stéphane Vidal
Candidat France Insoumise aux Législatives
3e circonscription de l’Hérault.