Sortir du nucléaire : Une votation citoyenne de la France Insoumise

Illustration article - Nucléaire votation citoyenne

Sortir du nucléaire : Une votation citoyenne

La France Insoumise a lancé toute cette semaine une campagne d’information et d’engagement pour expliquer la nécessité d’une sortie de la production d’énergie nucléaire. De nombreux bureaux de votation sont organisés partout en France et bien sûr à Montpellier.

Je serai personnellement présent à la votation organisée sur le marché de Castelnau-le-Lez, samedi 17 mars de 10h à 12h. Venez nombreux pour exprimer votre volonté de sortir du nucléaire.

Et pour voter en ligne pour la sortie du nucléaire, vous pouvez suivre ce lien :

https://nucleaire.vote/

Vous trouverez ci-dessous quelques éléments de réponse sur ce sujet. Et si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez vous reporter aux dossiers et consultations mises en ligne sur le site de la France Insoumise.

Pourquoi doit-on sortir du nucléaire le plus rapidement possible ?

Dans les années 1950, lorsque les travaux de recherche français sont relancés par le général De Gaulle après la création en 45 du C.E.A (Commissariat à l’Energie Atomique), cette énergie pouvait sembler être l’énergie du futur, en comparaison aux énergies fossiles que constituaient le pétrole, le gaz ou le charbon. Elle était en effet plus propre en apparence et permettait à la France d’être indépendante à l’époque, grâce aux mines d’uranium françaises.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le nucléaire est définitivement devenu une énergie du passé, celle de la fin du 20ème siècle : la France n’est plus indépendante dans l’approvisionnement d’uranium, la dernière mine ayant fermé en 2002, son coût devient nettement supérieur à tous les autres modes de production, y compris pour les énergies renouvelables (éolien, solaire…) et, même si elle produit moins de gaz à effet de serre que les énergies fossiles, la production d’énergie nucléaire produit des déchets dont nous ne savons que faire. Bure est la preuve que nous devons sortir de cette énergie. Le centre de stockage des déchets nucléaires de très longue durée ne doit pas être construit : nous n’en maîtriserons jamais suffisamment les risques et nous ne pouvons garantir que, d’ici 100 000 ans, le stockage sera sûr.

Enfin, et c’est sans doute le plus important : les accidents de Tchernobyl et de Fukushima, dont nous « fêtions » le 7e anniversaire hier, ont montré que la production d’énergie nucléaire est trop dangereuse pour que nous acceptions de poursuivre dans cette direction. C’est d’ailleurs après Fukushima que l’Allemagne a décidé d’arrêter définitivement cette production et de démanteler tous ses réacteurs. C’est donc à notre tour de prendre cette sage décision.

Le reproche a parfois été fait à l’Allemagne d’augmenter sa consommation d’énergie fossile, mais en fait, c’est sa production et sa consommation d’énergies renouvelables qui a fortement augmenté. Aujourd’hui, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité en Allemagne est de 52%, alors qu’elle n’est que de 20% en France (dont 80% provient des barrages hydro-électriques que le gouvernement actuel veut privatiser soit dit en passant, et c’est très grave !). Nous avons donc un énorme retard et c’est bien le nucléaire qui nous fait prendre ce retard. A force de jeter des milliards dans le nucléaire, nous n’investissons pas suffisamment dans les autres modes de production. Il faut savoir que la rénovation des 17 réacteurs qui le nécessitent va coûter à la France (EDF) près de 100 milliards d’euros sur les 10 ans qui viennent (source : Cour des Comptes) alors que cet argent permettrait des investissements extrêmement importants pour les énergies renouvelables.

Comment sortir du nucléaire : la planification écologique

Notre programme « L’avenir en commun » prévoit de planifier les investissements nécessaires dans tous les modes de production d’énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie…) pour atteindre l’objectif fixé de 100% d’énergies renouvelables produites et consommées d’ici 2050. C’est un objectif parfaitement réalisable que de nombreux pays dans le monde ont déjà en point de mire comme le Costa Rica ou l’Islande ou au moins au niveau de la production d’électricité (Norvège, Suède, Autriche, …).

Au lieu d’investir 100 milliards d’euros à perte pour la rénovation des réacteurs en fin de vie (puisqu’ils seront de toutes façons arrêtés au bout de 10 à 20 ans), investir cet argent dans le développement des énergies renouvelables permettra d’atteindre cet objectif. Bien sûr, il s’agira également de réduire les consommations d’énergies dans tous les domaines. Le scénario établi par l’association NégaWatt montre que cela est parfaitement faisable. Il ne manque aujourd’hui que la volonté. Mais ne compter que sur le secteur privé pour développer les énergies renouvelables et rattraper notre retard ne suffira pas. Les faibles progrès en France, ces 10 dernières années, le montrent. Pour cela, la force de l’investissement public sera essentielle.

 


Stéphane Vidal

 

Informations complémentaires :

https://lafranceinsoumise.fr/2018/03/10/en-direct-efi2-sortir-du-nucleaire-pourquoi-comment/